Extrait de mon journal…
![]()
Au cours de cette période, je voulais maintenir présente cette souffrance modérée qui me préservait de sentiments plus forts que je craignais. Je ne pouvais envisager de lire un roman, craignant d’y trouver l’expression violente de sentiments forts. J’envisageais d’interrompre brutalement mon analyse pour éviter de souffrir trop. Ce qui me permettrait sans doute de retourner à mes folies. Je renonçais donc, le psy me le disait mais cela ne me paraissait pas logique, à ce faux idéal de sainteté. Il ajoutait : qui me forçait à réfréner mon agressivité. Je rétorquais que je n’éprouvaits aucune agressivité. Une fois ce gros chagrin de séparation passé, j’ai pu évoluer vers un chagrin plus dur encore, vers la souffrance amoureuse qui s’accroche à un espoir vain.
![]()
Ce jour-là, le psy avait oublié un verrou entre lui et moi. Que penser de ce contre-transfert ?
![]()
Il pansa mes plaies avec douceur, en termes choisis, en en disant juste assez : non, ce qui se passe dans la situation analytique n’est pas une illusion, il se passe quelque chose d’important, même si ce n’est pas ce qu’attend le patient dans la réalité. Oui, il arrive au psy de penser à ses patients en dehors des séances.
![]()
Libérée de mes larmes trop fréquentes, je pouvais me laisser aller au soulagement de n’avoir pas à être une sainte, éprouver des sentiments de jalousie, de rancoeur. Et les exprimer le jour suivant par des critiques acerbes et saignantes. Mais aussi soulagée de mon endolorissement moral, je pouvais envisager de me libérer de mon endolorissement physique par une consultation ostéopathe, et constater à quel point je me complaisais dans cette douleur. Toute ragaillardie par ce bien-être, j’exprimais sans m’en rendre compte toutes sortes de choses (vive l’association libre !). Le psy parut encore une fois me sanctionner. Alors que j’étais très contente de moi, il me parut froid, prêt à me taper dessus dès que je relevais la tête. Et il m’offrit une séance supplémentaire. Cette offre qui m’aurait fait sauter de joie une séance plus tôt, me vexa. Me trouvait-il tellement mal ? Une insomnie me fit comprendre mes sentiments de jalousie vis à vis d’une collègue qui a réussi. Et toute l’agressivité refoulée qui avait été évoquée pendant cette séance, agressivité retardée par les vacances, dont je sentais la menace déferlante, j’entrepris de la pleurer.
![]()
Et pratiquement je n’ai fait que pleurer pendant les deux années qui ont suivi !
Plus gros Plus gros Encore Retour
On change pendant une psychanalyse, mais ne vous y trompez pas, on ne se perd pas, on se retrouve : jamais je ne me suis sentie aussi en accord avec l’enfant que j’étais.
Un des changements notables que je voudrais relater, c’est l’abandon de la couleur rose, la couleur de la “petite fille à sa maman”. Je me revois très bien, essayant un vêtement rose vif au bout de deux trois ans d’analyse, et me disant que non, ça ne passerait pas auprès de mon psy ! Une personne qui m’est très proche m’a raconté qu’elle ne pouvait plus porter de couleurs vives, qu’elle n’en avait plus besoin pour être gaie ou pour se mettre en valeur, et qu’elle se tournait exclusivement vers les beiges et les couleurs naturelles. Je ressens le même attrait pour les vêtements tout simples et discrets au point d’être mal à l’aise si j’essaie un vêtement coûteux : vive la simplicité retrouvée !
J’ai raconté souvent que je pouvais désormais manger des poivrons, ces petits utérus, et même des concombres à la signification sexuelle évidente !
Pour ce qui est de mes lectures, je ne peux plus conseiller à personne les livres qui ont fait vibrer mon adolescence, ceux qui exaltaient le culte du héros et poussaient à accomplir des exploits de plus en plus extraordinaires car je sais maintenant que le héros n’est qu’un mythe ! De même, je ne suis plus attirée par les récits de souffrance qui entretenaient mon misérabilisme et mon masochisme.
Je peux maintenant voir des films comiques que je considérais dédaigneusement comme une perte de temps, et il m’arrive de rire aux éclats.
Quant à mes goûts musicaux, il s’agit d’un champ encore inexploré où tout est possible !
Comme il est beau de commencer une nouvelle vie à tout âge !
Un domaine dans lequel ma psychanalyse a été une totale réussite, a été l’éradication de mon work-alcoolisme. Je me rappelle d’une étape de cette guérison, quand je me fécilitais le week-end, d’avoir bien travaillé. Maintenant, je ne glorifie plus le travail et je regarde d’un oeil mi-amusé mi-compatissant les êtres autour de moi qui y sont encore aliénés. Après quoi courent-ils, après quoi courrais-je, j’ai beaucoup de mal à le dire parce que cela offense la logique. Une gloire éphémère ? Un record ?
Je me rappelle qu’une de mes problématiques au début de mon analyse était cet écartèlement entre “travailler plus” et “travailler moins”, et la sensation de souffrance liée à ce travail trop dur pour moi.
J’ai imprudemment déclaré à mon psy que je pouvais me libérer facilement (puisque je travaillais tout le temps), et il m’a choisi les pires horaires possibles, l’après-midi vers 14h. Deux fois par semaine, mes absences du travail ne pouvaient passer inaperçues. Elles ne pouvaient qu’avoir un effet catastrophique sur ma carrière, qui de toute façon, je le sais bien, aurait fini par s’effondrer d’elle-même.
Chaque fois que j’ai protesté contre ces horaires, mon analyste de déclarait : “Je vous assure que je vous octroie les meilleurs horaires possibles“. Et moi d’ajouter in petto “compte-tenu de ce que vous avez…”
De plus, il refusait de me “donner” un horaire le soir, arguant du fait qu’il risquait d’être trop fatigué.
Fatigué. Le pauvre. Mon mépris se déchaînait. Chez moi, on n’est jamais fatigué. Du moins je le croyais à l’époque.
Mon psy m’a montré mes limites. J’ai sursauté lorsqu’il a employé ce mot, je croyais ne pas en avoir… Il m’a fait découvrir les règles qui régissent le travail que d’autres mégalomanes que moi prétendaient sans règles. Cela m’aide beaucoup de savoir où m’appuyer.
La psychanalyse m’a appris à ressentir la fatigue et à connaître mes limites. Désormais je vois dans chaque période de suractivité une souffrance.
La question de la formation en psychanalyse
Published Date: February 10th, 2008Category: Uncategorized |
Il s’agit d’une question insoluble, comme toutes les questions liées à la formation :
Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait…
Avec au départ un non-dit : il s’agit d’écarter en douceur de la profession tous ceux qui font peur : les obsessionnels, les paranoïaques, les névrosés plein de bonne volonté qui pensent être extrêmement psychologues, et projettent sur d’autres leurs conflits irrésolus dans une vision faussée de la réalité… J’étais de ces derniers au début de mon analyse. Ceux-là, on les décourage en douceur en leur promettant une formation longue et incertaine.
Pourtant rien n’interdit à un psychiatre ou à un psychologue névrosé de poser sa plaque pour tenter de guérir les blessures de l’âme des autres. Les forums du site “transfer interrupted” comportent de nombreux témoignages de patients bloqués dans un transfert (amoureux) interminable sans doute parce que leur thérapeute n’a pas appris à gérer cette situation. Cela s’applique aussi à un psychanalyste qui poserait sa plaque trop tôt, sans avoir poussé suffisamment loin sa psychanalyse personnelle.
Il est un autre point bien illustré par les réflexions de l’analysante que j’étais au sujet de la formation. Pour trouver l’information, il est nécessaire d’avoir résolu en partie ses inhibitions et phobies sociales. Ainsi la réponse à la question de la formation ne se trouve pas sur internet, elle se trouve dans les sociétés de psychanalyse avec lesquelles il va falloir un jour prendre contact. Il faudra oser téléphoner, obtenir des rendez-vous, essayer de se faire accepter, pour enfin se sentir à l’aise dans une famille psychanalytique. On peut supposer que ceux qui n’auront pas résolu leurs problématiques familiales seront plus nombreux à s’autoriser d’eux-mêmes ou à exercer leurs talents sur le net.
Le meilleur psychanalyste sera pour paraphraser - est-ce Camus ? -, celui qui aura le plus vécu, aimé, souffert. Celui qui pourra dire ou faire sentir à ses patients : moi aussi, j’ai vécu cela, j’étais comme vous, je connais bien la situation, j’ai encore ce genre de problème. Car les plaies de l’âme ne sont pas si nombreuses, finalement, pour ne pas être partagées par beaucoup, même si chaque histoire est unique. Ainsi, je ne crois pas à une formation théorique en psychanalyse, je ne crois pas qu’il faille s’abimer dans l’étude de séminaires jargonants le lacanien, je ne crois pas aux diagnostics, aux classifications, ni aux stades. Je crois que le psychanalyste doit avoir été confronté aux problèmes de la vraie vie et aux difficultés des relations humaines et en avoir guéri, ou tout au moins avoir pansé ses plaies.
Le psychanalyste devra aussi avoir guéri de la psychanalyse. C’est un peu cela s’autoriser de soi-même. C’est être capable de diversifier son répertoire technique et d’adapter sa méthode. C’est être clairvoyant sur les limites de ce type de thérapie, sur son peu d’efficacité, ses contre-indications, c’est refuser tout intégrisme et tout obscurantisme, c’est s’ajouter ce qu’on trouve. En un mot, c’est faire de sa pratique un art.
Margarita, ex-analysante.
J’ai eu l’impression récemment de revivre exactement les mêmes problèmes qui m’avaient conduite à entreprendre une psychanalyse, voilà presque dix ans : impression de ne pas y arriver, que mon travail est trop dur pour moi, et que je ne suis incapable de gérer certaines situations relationnelles (et notamment au travail).
On pourrait croire que tout cela n’a servi à rien, et que je dois bien composer avec ma fragilité intrinsèque de codépendante, fille d’une mère très névrosée et d’un père qui n’exprime pas d’émotions. C’est vrai, il y a encore du travail que je traite par la thérapie de groupe.
Pourtant, il est certains domaines où le chemin parcouru est immense. Mon psy, par ses questionnements sur ce qui me semblait évident, a réussi à me désintoxiquer de mon addiction au travail. Son étonnement quant à l’absence d’horaires de travail a contribué à guérir ma mégalomanie, à ouvrir mon esprit sur l’inutilité de tout sacrifier à une lutte inégale pour un pouvoir hypothétique. Tout est plus simple maintenant : il me suffit de respecter les règles et de renoncer à ce qui est hors de ma portée.
Un autre point positif, c’est une plus grande ponctualité, je devrais dire plutôt une plus grande lucidité sur le temps réellement nécessaire, pour un acte, un trajet. A la différence de bien des gens qui m’entourent, je ne suis pas débordée, je suis devenue maîtresse de mon temps.
Enfin, je voudrais parler de courage. Même si tout n’est pas parfait, j’ai moins peur des jugements, des critiques, des réponses, des réactions des autres. Je m’appuie sur chaque petite victoire pour m’aguerrir et acquérir de plus en plus de confiance en moi, de courage pour dire la vérité, honnêtement, sans chercher à manipuler les réactions des autres.
Tout cela n’aurait pas été possible sans un brin de transfert. J’ai choisi un psy homme, que j’allais pouvoir chercher à séduire, et ainsi j’ai été suffisamment accrochée pendant six années pour poursuivre le travail, même quand il était difficile.
Dix ans après, le bilan reste extrêmement positif. (voir les autres bilans)
La mode est aux thérapies brêves, qui proposent un changement immédiat.
Au contraire, l’aventure psychanalytique se vit sur le long terme, et le changement obtenu est d’autant plus profond qu’il est plus lent. On arrive ainsi à contourner l’écueil des résistances, qui ne sont autres que des résistances individuelles au changement.
L’expérience psychanalytique se vit à deux entre le psy et son patient, et ce dernier se sent souvent bien démuni.
Il se demande entre autres, comment tout cela peut fonctionner, qu’est-ce qu’on lui fait, comment dépasser les sentiments très forts qui se font jour, combien de temps tout cela durera, est-ce qu’il pourra un jour se séparer de son psy ?
Ce site a pour vocation de partager une expérience psychanalytique, et une interprétation du moment ainsi que des remarques faites avec un peu plus de recul.
Vous aussi vous pouvez partager votre expérience ou poser des questions sur les forums
Florence sur le forum Aide-Psy
Nasio “Un psychanalyste sur le divan” Le transfert désigne l’ensemble des affects tendres et hostiles qui lient un patient à son thérapeute.
Au fil des séances, l’analysant peut aimer son analyste, se sentir protéger par lui, quelquefois le rejeter, parfois le désirer sexuellement, l’inclure dans ses fantasmes ou en rêver, et d’autres fois encore, il peut angoisser, craignant que le thérapeute ne se fâche ou l’abandonne.(…) Le transfert c’est cela : s’attacher à un analyste qui s’offre comme cible de l’amour et de ses avatars.(…)
Transférer consiste donc en ceci : projeter un amour ancien sur une personne dont vous voulons dépendre. Aussi le transfert naît-il d’un besoin de dépendance doublé d’un retour du passé.(…)
C’est un phénomène inhérent à toute liaison affective.(…) Mais la différence entre le transfert ordinaire et analytique, consiste en ceci : nos transferts ordinaires, nous les vivons en toute innocence- et c’est heureux qu’il en soit ainsi !-, tandis que le transfert analytique est explicité par le praticien.
Justement tout l’art du psychanalyste est de dévoiler le transfert, en montrant à l’analysant que ses réactions affectives en séance sont les répliques d’anciennes attitudes infantiles.
Peut-être que c’est le premier pas le plus important, le moment où l’on dit : Stop, où l’on se décide à demander de l’aide, à faire des choses pour soi, à se dire que ça ne peut pas durer ainsi, qu’il faut changer quelque chose…
La psychanalyse est un voyage, limité dans le temps, à la découverte de soi-même, avec à la clé le changement… salutaire. Il se fait à deux mais on peut changer de partenaire en chemin, changer de psy, aller voir ailleurs, essayer d’autres thérapies. Il est bon de savoir que ce voyage est aussi une relation humaine et que le transfert amoureux sera probablement présent, à vivre comme une histoire sentimentale avec ses joies, ses tourments et ses désillusions, et que de tout cela on peut guérir. Il faut se faire confiance, d’autres - et ils sont nombreux - ont vécu les mêmes questionnements, ont traversé les mêmes épreuves, et ils sont là pour témoigner que le bénéfice est immense en fin de compte.
Il y aura probablement une phase où l’on sera obsédé par sa thérapie, où en parler ou en entendre parler nous fera souffrir, où l’on cherchera dans toutes sortes d’écrits à répondre à la question fondamentale : Est-ce que mon psy m’aime ?
En parallèle, puisque c’est la souffrance qui nous mène à la thérapie, on pourra commencer à s’observer et à noter les particularités de nos comportements, à les relier à nos manques et à notre histoire. Parfois il faudra se jeter à l’eau pour oser dire des choses difficiles et pénibles qui sont tapies en nous et ont besoin d’être exprimées. Il nous faudra tendre l’oreille vers les ponctuations ou les “Pourquoi ?” du psy qui nous permettent d’entrevoir des alternatives, des modes d’action différents. Qui nous guident vers le changement.
Souvent il faudra ne pas retenir les larmes et accueillir les bouleversements et les prises de consciences émotionnelles qui sont autant de guérisons. Il faudra affronter la peur de déplaire, la honte, la crainte d’être rejeté, renoncer à dire des choses intéressantes, apprendre à se dire, s’autoriser aussi le silence. Il faudra aussi peu à peu apprendre à se défendre, à contester l’autorité du psy, à lui dire ses erreurs, à exprimer ses besoins. Il est bon de garder une dose de rancoeur envers son psy lorsqu’il ne comprend rien, ou est trop interventionniste, ou pas assez, lui aussi est responsable du bon déroulement de la thérapie, et responsable de ne pas nous montrer le chemin s’il trouve qu’on n’avance pas assez.
En même temps, on peut être indulgent envers son psy, car il est humain et ne pourra pas nous emmener plus loin qu’il n’est allé lui-même dans sa propre thérapie.
Meilleurs voeux à tous les habitués de transfer interrupted.
J’ai une pensée pour ceux de la première heure, ceux avec qui je suis restée en contact, ceux que le temps et les occupations ont éloignés, ceux qui voient un psy, et ceux qui n’en consultent pas…
J’ai passé pas mal de temps à travailler à la nouvelle version du site, c’est pourquoi je vous envoie des voeux collectifs. Vous pouvez commenter les billets sur la page d’accueil en cliquant sur le chiffre en haut à gauche. Vous pourrez aussi lire les nouveautés grâce au flux RSS.
Un pavé documentaire… et sans haine…
La sortie de ce livre dénonçant les mensonges de Freud, l’inefficacité de la technique psychanalytique dans de nombreuses indications, la mainmise de la théorie psychanalytique sur l’enseignement de la psychologie en France, l’obscurantisme des sectateurs de Freud et de Lacan, a provoqué une levée de bouclier des psychanalystes lacaniens, et leur réponse sous la forme de l’anti-livre noir.
Ce livre noir, c’est le diable ! Comment l’approcher alors qu’on est en analyse, comment prendre le temps d’en lire les 1000 pages sans le survoler ? L’enseignement à en tirer concerne les contre-indications de la psychanalyse.
Eh oui, la tenancière de ces lieux a lu le livre et ne pourra plus jamais répondre aux questions comme avant !
Ce site est-il donc destiné à accompagner les derniers patients encore sur le divan ? Ce sera fait en dernière extrémité, en attendant, nous allons chercher à trouver, à partir de mon expérience personnelle, des éléments de réponse à la question : Comment ça marche… quand même ?
1- Le thérapeute payé, ayant un
code de déontologie, est un interlocuteur sûr à qui confier ses tracas.
2- Décider d’aller consulter un thérapeute, c’est décider de s’occuper de soi, en temps et en argent, décisions souvent remises à plus tard dans la tourmente de la vie quotidienne. C’est s’offrir un espace à soi, hors du temps, un espace de liberté et de bien être, de relaxation favorisée par le divan.
3- La possibilité d’un changement est offerte, grâce à un regard extérieur qui remet en cause des évidences ( le Pourquoi ? de mon psy), qui pointe les modes de fonctionnements conditionnés.
Le questionnement poussé aide à trouver d’autres solutions par exemple lorsqu’on ne cesse d’expliquer pourquoi une chose n’est pas possible.
4- Les insights : découvertes et prises de conscience sur un mode émotionnel de ses modes de fonctionnements et de leurs causes, permettent une progression dans le “connais-toi toi-même”, et permettent aussi de se pardonner.
5- La foi dans la méthode, dûe sans doute à une méconnaissance générale du mode de déroulement d’une analyse. On y va parce qu’on y croit, et on place le psy dans une position de gourou : le sujet supposé savoir - qui va nous guérir. C’est ainsi que l’on consacre toute son énergie à son analyse, au début.
6- L’apprentissage de la liberté. L’absence de consignes outre la règle de l’association libre, qui n’est guère explicitée d’ailleurs, laisse à chacun la possibilité de faire son analyse, telle qu’il la conçoit, ou tel qu’il croit que son psy le conçoit. La possibilité de prendre son temps, d’aller à son rythme, est précieux dans une société de performance.
7- La possibilité d’aborder des questions sexuelles, puisqu’on croit que c’est ce que le psy veut entendre. Un espace où aborder des questions si présentes et si chargées de non-dits. Cela va de pair avec un certain exhibitionnisme, le fantasme de se mettre à nu sur le divan.